(2éme partie)

Dimanche 9 avril... 4h du matin. Les excités de la veille qui ont du dormir avec leur dossard sont deja debout et partagent leur excitation avec l'hotel tout entier. Les portes claquent, ca crie dans le couloir. J'avais prévu 2heures de sommeil supplémentaires. Je reste au lit jusqu'à 6h , il est alors temps de se préparer. Au moment où nous partons au petit déjeuner , nous voyons le groupe d'excités partir pour le départ... ils me font vraiment beaucoup rire et tant mieux ça me fait du bien! Je n'ai plus mal au genou! Ouf ! 

Le petit dejeuner est préparé en conséquence: il y a des pâtes et du riz à 6h30... nous sommes à 3heures du départ je meurs de faim et c'est surement lié au stress . Le repas sera donc composé d'une assiette de pates, et d'un quart de gatosport brownie... rien que ça! Une ogresse (notons au passage que le gatosport brownie c'est une tuerie!) ! Et je ne me sens même pas lourde ! 

Coté matériel tout est pret : tenue enfilée, dossard accroché,  la ceinture de gels overstims, la gourde , l'ipod, le téléphone et l'appli Decath Coach pour la dernière session , les boosters, les pieds enrobés de creme, la boisson d'attente, la visière ... bref je suis au taquet! Je dois en revanche être l'une des rares coureuses à prendre le départ sans montre. Le chrono et moi... vous savez ce que j'en pense! 

Il est 7h15, grand temps de prendre le métro pour rejoindre la place de l'étoile. Nous en avons pour 30min. Le métro est fréquenté par des coureurs. Paris vit au rythme du marathon! Nous nous installons dans le métro... et je ne remercierai jamais assez ma voisine, une runneuse parisienne et surement future marathonienne, d'avoir engagé la conversation ! Ca m'a fait un bien fou de discuter pendant le trajet , ça m'a changé les idées ! Si tu passes par ici saches que j'ai vraiment apprécié discuter! Merci !! :) 

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Il est 8h10... place de l'Etoile . Les choses sérieuses commencent. Comme de coutume il faut faire la file 30 minutes avant de pouvoir trouver une place aux toilettes devant l'arc de Triomphe. Le gong sonne alors, 8h45 il devient urgent de se diriger vers le SAS des 4h00. Mon objectif est pourtant de terminer avant de faire un temps, mais j'ai choisi de rejoindre ce sas pour ne pas partir "trop tard". Une dernière accolade à ma marathonienne de mère avant de partir, c'est à mon tour ... et c'est parti ... pour un blocage de 20 minutes à l'entrée du SAS.

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(tête deja trés émue)

Il y a trop de monde du coté droit des Champs Elysées. Les coureurs sont tous agités , la grille est fermée de ce coté et on assiste immobiles au remplissage du sas par le coté gauche... sans nous! Finalement à 9h05, la grille est ouverte et nous pouvons enfin accèder au sas ... juste le temps de descendre les Champs Elysées afin d'atteindre le départ situé plus bas. C'est fort dommage car je ne devais pas prendre le départ seule, mais avec une collègue qui démarrait aussi son premier marathon. Mais compte tenu du retard et de la foule, c'était littéralement impossible de s'y retrouver. 

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Il y a une superbe ambiance dans le SAS, l'échauffement est organisé, mais je n'en profite pas car il faut arriver au départ vite. Mine de rien ca fait un petit bout de marche. Et soudain je m'arrete enfin. On se resserre tous... et le coup de pistolet est envoyé! C'est parti, les larmes me montent! C'est très émouvant, je ne suis pas seule dans cet état , entre fierté et émotion.  Je passe sous le portique environ 2 minutes après le top départ, et à moi la plus belle avenue du monde! Ca descend, c'est magnifique, la foule s'étend . Au loin l'obelisque de la Concorde et la roue qui s'approche de plus en plus! J'apercois ma fidèle supporter de mère sur le coté gauche... émue semblerait il! :) 

Screenshot 2017-04-15 at 00Au détour du rond point de la concorde et avant d'entamer la rue de rivoli, première session photo . Les photographes de Maindru ont sorti l'artillerie lourde, ca flashe dans tous les sens ... c'est la fête!

Je cours a faible allure, mon appli me dit 9,4km/h, c'est juste parfait! Je suis à l'aise, je cours sans être essouflée et je profite de la traversée de la Rue de Rivoli. Je profite des accents des autres coureurs, c'est un beau melting pot de nationalités: j'entends des québequoises, des mexicains sont encouragés, une américaine au look décompléxé me dépasse. J'adore cette ambiance internationale où il n'y a pas de normes, pas de dictats de silhouettes, de look. Je constate d'ailleurs que nombreuses sont les filles rondelettes au départ d'un marathon! Et bim voila qu'un cliché tombe, moi qui était convaincue que la marathonienne était une fille fine et musclée. Ce n'est pas totalement faux, mais je constate majoritairement l'inverse! Et j'adore le look des américaines: elles ont des pantalons trés originaux! La promenade se poursuit dans la continuité de la rue de Rivoli avec Chatelet, l'hotel de ville puis la place de la Bastille ! 

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Nous en sommes au 5eme kilométre : quelle ambiance place de la Bastille !! Une foule de supporter y est amassée! Il faut dire que c'est l'endroit idéal car nous y passons 2 fois. Des orchestres rythment notre course, le premier ravitaillement y est installé! C'est tout simplement encourageant et ca donne beaucoup d'énergie... 

Passé la bastille nous sommes en passe de sortir de Paris , du moins du "Paris Musée". Asics a disposé une animation au 7eme kilométre rue de reuilly. Aprés une petite cote très douce, où les premiers jets d'eau nous ont rafraichi les idées, vient une descente bien agréable. L'animation c'est "don't run, fly". Asics avait disposé des machines à fumée, et des sons de décollage pour nous donner de l'énergie! J'ai décidé de ne pas accèlerer et de prendre mon élan à ce moment, préférant garder une allure prudente, mais l'effet énergétique s'est bien fait sentir et c'était très agréable! Il faut s'amuser un peu et pourquoi ne pas se prendre pour un avion sur une piste de décollage !! :)

Trés vite , aprés un passage dans le bois de Vincennes ,ou devrais-je dire, dans l'urinoir géantissime ( un tronc d'arbre = un coureur) , nous atteignons le Chateau de Vincennes, une magnifique batisse. Encore une fois on en prend plein les yeux! Et c'est aussi le 10eme kilométre! Je passe le 10kilomètre en 1h04... c'est 12 minutes de plus que la semaine précedente! C'est aussi l'endroit où est installé le second ravitaillement ! Il y a beaucoup moins de supporters dans cette partie de la course, mais courir dans le bois est trés agréable. Nous attaquons la deuxième partie du semi-marathon. Je reconnais au passage l'hippodrome de Vincennes... l'occasion de me remémorer mes toutes premières courses à pied avec le Jogging des Notaires que j'ai couru plusieurs fois étant petite. Cette partie de la course passe vraiment bien. Coté rythme, je conserve un rythme assez lent et une aisance respiratoire . Au 14eme kilométre j'entame ma ceinture de gels : c'est parti pour un premier antioxydant.  Au sortir du bois (premier arret pipi et pas derrière un arbre, des toilettes sont installés partout sur le parcours) , magnifique vue sur Paris....puis nous contournons la Foire du Trône (je m'y étais rendue la veille au soir, mais pas vraiment apprécié la ballade). Heuresement nous en sommes au 19eme et mon genou ne m'a toujours pas rappellé à l'ordre! Ouf!! 

Les choses sérieuses commencent bientôt , nous approchons du semi marathon ! Nous re-rentrons dans Paris, et piquons droit vers la place de la Bastille. La foule est de plus en plus amassée... Je cherche partout dans la foule ma petite Fanny qui m'y attendait, et ma maman qui devait aussi s'y trouver!  Mais j'ai eu beau scruter chaque visage de la foule, pas moyen de vous retrouver.   Quelle énergie communiquée par les supporters! On croit voler! Le semi est juste aprés le second passage place de la Bastille. Je passe sous le portique en 2h18 ... d'habitude un semi c'est 2h environ. Encore une fois je retiens au max les chevaux afin de ne pas me fatiguer inutilement. Je ne sais pas dans quelle aventure je m'embarque. J'en profite pour me ravitailler en sucre avec un gel Energix à ce moment . 

semi

Lorsque l'on est conditionné pour courir un marathon, le semi marathon ne parait être qu'une petite partie du chemin. J'ai à cet instant l'impression ne n'avoir couru que 10 kilomètres. Passé le semi, c'est de nouveau le retour dans le Paris Musée... MAIS... c'est à ce moment que je commence à m'amuser un peu. 23ème kilométre... mes jambes commencent à faiblir. Les premières douleurs, raideurs/échauffement devrais je dire, apparaissent dans les cuisses. Je rêve d'un arrosage.. nous entamons les quais de seine et passons sous le premier pont. Le Pont Marie ... est ce un signe?? Une foule energisante est installée sur les bords de Seine. Il est 11h30 , le soleil est bientot au plus haut, il fait chaud. Sur les terrasses de la Seine les gens prennent tranquillement l'apéro au vin blanc en nous observant, nous coureurs, nous... les masos. La balade se poursuit, je contemple l'ile Saint Louis, les tours de Notre Dame... et j'attends impatiemment le ravitaillement aux abords du 25eme kilométre pour prendre des bouteilles d'eau et m'arroser les cuisses. Il y a beaucoup d'ambiance au 25eme, c'est la fête. J'en profite pour prendre 2 bouteilles pour poursuivre jusqu'au prochain ravito. Je sais que les tunnels arrivent et qu'il fait chaud. Je suis toujours en aisance respiratoire, c'est important!

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Nous entamons le premier tunnel... assez long . Asics y a installé une seconde animation sur le thème "don't run, fly" . Nous plongeons dans l'obscurité. Il fait chaud, nous sommes nombreux à commencer à trainer. Il y a des petites lumières vertes disposées sur les bords du tunnels, et de la musique électro à l'intérieur. Personnellement je commence à flancher, je m'hydrate au maximum , avant d'en ressentir encore plus le besoin. Au sortir de ce tunnel de 500m je n'ai deja presque plus d'eau. Nous entamons un deuxième passage sous tunnel, et celui ci fait mal: des photos de massage de pied sont exposés. Ce n'est vraiment pas le moment!! J'ai mal, je sens que le déroulé du pied est de plus en plus laborieux, je ressens des micros douleurs . Et ces images sont assassines! Mais courage!!  Au sortir du tunnel, nous passons devant le musée d'Orsay. Il est midi, il fait chaud, il fait aussi soif!  C'est difficile de remonter des tunnels, la cadence s'apparente à de la marche rapide.Je m'aide au maximum de mes bras pour garder un rythme de course. Une supporter nous crie que ce sont les petites bouteilles qui nous mèneront à l'arrivée, qu'il faut boire beaucoup. Elle a raison! Mais où est il ce ravito???
Nous poursuivons, et vient ensuite le tunnel de l'Alma... je compte les piliers du tunnel... une pensée pour Lady Di (je ne peux pas m'en empecher) ... et là voici: la belle Tour Eiffel ! Juste le temps de la contempler en courant... je vois le Palais de Tokyo, je me souviens que j'adore ce musée et ça me donne du courage et que vois je??  Enfin le ravitaillement! Il est disposé au pied du trocadéro!! HOURAAA!!

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C'est Disneyland pour moi!! Il y a des jets d'eau, et dedans des arcs en ciels ! C'est magnifique! Il y a un stand d'eau. Je décide de m'arreter pour en profiter pleinement. Je ne me suis arretée à aucun ravitaillement jusqu'ici, j'ai attrapé des bouteilles et poursuivi. Là il faut étirer un peu les jambes. Je bois une bouteille, me mets dans un coin de facon à ne gener personne et m'étire (je touche mes orteils avec les mains en fait). QUEL BONHEUR! UN MOMENT DE DETENTE! Je respire à fond, je souffle, j'essaye d'étirer les jambes au max. Je m'accroupis quelques secondes également afin d'étirer les aducteurs et les genoux qui commencent à ne reconnaitre qu'un seul angle de flexion. C'est douloureux, mais qu'est ce que ça soulage!
Il ne faut cependant pas abuser des trop bonnes choses. J'avale une autre bouteille avant de repartir et en prend 2 au cas où. 

Le 30ème kilométre arrive! Je le passe en chantant ! Une chanteuse entonne "La Bamba".. "se necesita una poca de gracia".. et bien je chante avec elle , les 2 bouteilles servent de maracas!! Il faut s'amuser , se distraire c'est super important à ce moment de la course ! Je passe ce 30ème kilometre en 3h23 minutes. C'est à dire que malgré la douleur qui apparait j'ai maintenu la même allure que sur le 1er 10kilométre, en parcourant en 1h05 la distance entre le 20ème et le 30ème! Plutot contente! 

A ce moment mon téléphone me lâche complétement... peut etre suite à l'arrosage ou à la faible batterie. Bref, je n'ai plus d'indication sur mon allure... et de toute facon les choses se compliquent naturellement. Le 33ème kilomètre... LE MUR. Il est là. Le mur, le bien nommé : la montée de l'avenue Suchet. Elle est horrible. On la voit de loin. On voit les coureurs ralentir. Et s'arreter les uns aprés les autres. Elle est interminable. Pas trés pentue, mais au bout de 33 kilomètres on la sent passer... les jambes n'ont plus de rebond. Seule solution utiliser ses bras pour conserver un semblant de rythme . Le déroulé du pied est douloureux, j'ai l'impression de gravir une montagne... c'est dur , mais je m'accroche. Je me concentre sur la ligne verte peinte sur le sol et qui sert de trajectoire aux coureurs élites. Je ne regarde plus les autres coureurs tomber. Je me souviens d'une cote bien terrible de mon premier semi (les 20km de Maroilles), une cote où il ne faut rien lacher et c'est trés difficile. Je me souviens et me tiens à cette expérience pour ne pas cèder. Il y a beaucoup moins d'ambiance soudainement, l'avenue semble trés calme, sourde, indifférente à l'effort qui s'y produit . C'est vraiment dur.Et soudain l'enfer redevient plat... on a mal. Il ne faut pas marcher. Non , il faut continuer. Les jambes sont complétement raides, le pied douloureux. J'ai soif. Je reprends un energix. Je ne sais plus quoi faire, mais il ne faut pas marcher. Je cours péniblement jusqu'au 35eme... j'ai vraiment trés mal. Mais dans ma douleur, je suis toujours en aisance respiratoire. Je ne crache pas mes poumons, je ne suis pas en sur-régime. Je lutte contre l'acide lactique. Et ça fait très mal.

35

C'est l'entrée du bois de Boulogne. Devant le chiffre 35, je me dis qu'il me reste encore 5kilométres. Que 5kilométres c'est rapide, c'est 30-40 minutes. J'essaye d'ignorer totalement qu'en réalité c'est 7kilométres qu'il reste. Je fonctionne par paliers. Arrive le 36ème kilometre... j'apercois des toilettes! Ouf, je m'absente 1 minute, et je vois qu'un homme arrose généreusement d'eau les coureurs. Je lui demande de m'asperger les pieds et les jambes. L'eau ne me parait même pas froide. Je suis détrempée, mes chaussures sont inondées mais c'est du bonheur. J'en profite pour avaler mon gel "coup de fouet". Le bien nommé lui aussi.Aprés 3 minutes, je repars en courant, c'est lourd, c'est pesant... 500 mètres aprés un coureur est en train d'agoniser sur le bord. C'est une image horrible, ses yeux sont retournés il est en position de sécurité, les personnes autour ont appelé les secours ... cela me retourne, ainsi qu'un autre coureur. Nous engageons la conversation , nous nous donnons mutuellement du courage... Discuter change beaucoup les idées et l'attention se concentre ailleurs que sur les douleurs... avec ces quelques mots, j'ai oublié que j'avais mal, mon corps est une mécanique qui suit une routine. Tic Tac Tic Tac...

Nous abordons une très grande allée dans le Bois de Boulogne, qui ressemble de plus en plus à une scène de Walking Dead.

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Cette grande allée, c'est l'Avenue de la Reine Marguerite... est ce la vision d'une ligne droite, ou un peu de fraicheur... bref, à ce moment précis je me régénère magiquement parmi les zombies. J'ai auparavant oublié mes douleurs et je reprends un rythme normal. Au fond de moi je souffre beaucoup de mes jambes, mais l'allure est là. Je passe le 37ème, je poursuis sur le 38ème... plus que 4 kilomètres me dis-je pour me motiver. "C'est un tour de Vignoble" (les valenciennois comprendront) ... "c'est 25 minutes un tour de Vignoble, c'est rapide". Encore une fois, je me motive par paliers. Mais je ne m'arrete pas. Parfois la cadence des autres coureurs aurait pu me ralentir. Au lieu de les imiter, j'ai choisi de passer les obstacles (les trottoirs, les signalisations centrales..), bref je prends les marches, je change de terrain, de cours si besoin sur le bas coté, mais je ne m'arrete pas. Je ne regarde plus les autres coureurs, de plus en plus nombreux à marcher et d'autres à souffrir allongés sur le coté. Je n'ai même plus d'émotions, je ne réfléchis plus. Je cours. Je m'encourage a voix haute "aller, aller ne t'arrete pas". Ca devient n'importe quoi mais je fonce. Je cours vers l'arrivée, plus rien d'autre ne m'importe. Je passe rapidement le ravitaillement du 39eme, où je reprends 2 bouteilles d'eau sans casser la cadence. Car c'est une mécanique... chaque pas est calibré , identique au précédent. Les genoux ont toujours le même angle de flexion: ni plus ni moins sinon j'ai mal. Le déroulé du pied est de plus en plus difficile, je cherche à soulager les douleurs plantaires en adaptant ma foulée. Courage! 

40eme

Je poursuis mon rythme ... par contre mon estomac m'envoie des signaux pas trés rassurants. Marre d'ingurgiter du liquide et du gel depuis plus de 4heures surement. Je prends mon dernier gel , mentholé qui calme les ardeurs. Je poursuis, je m'accroche et je prie pour que mon estomac se calme. Et soudain, sort de la forêt un magnifique édifice , que je n'avais encore jamais vu, la Fondation Louis Vuitton! Un superbe batiment , vitré et coloré, une architecture très moderne! Bref le genre d'édifice qui m'inspire, et c'est le cas! Je suis même décue de ne pouvoir le prendre en photo... je cours la tête en l'air et la distraction me fait une nouvelle fois oublier que je souffre. Puis retour dans le bois, pour atteindre le 41eme. La foule est de nouveau présente dans une fan zone, on sent la fin de l'épreuve arriver! 

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On croise des coureurs médaillés.. et d'un coup j'observe les visages, la foule! Oh ma mère!! Je lui fais signe, elle me crie que 800m plus loin m'attendent ma soeur mon beau frère et ma petite nièce ... autant dire que je n'ai pas vu passer le 41eme kilométre car j'ai couru en les cherchant, j'ai dévisagé chaque supporter pour les reconnaitre... je passe le 42eme... je ne les vois toujours pas... et enfin le rond point de l'avenue foch ... et qui vois-je parmi la foule du dernier virage!! Ma pioupioute et ses parents qui m'encouragent! J'ai même droit à une pancarte d'encouragement surprise (je ne l'avais pas vue celle ci!)... ça me donne littéralement des ailes! Je suis summergée par l'émotion, j'ai très envie de pleurer , de soulagement de savoir que c'est bientôt la fin, mais aussi de les voir là, ... je suis presque en train de m'étouffer à ce moment là tant l'émotion est grande! Je leur souris leur fait un grand signe pour les remercier et promets de tout donner sur la ligne droite finale!

Fin du contournement du rond poind et me voici enfin face à l'Avenue foch...l'Arc de Triomphe dans le fond. Mais ce n'est pas le fond qui m'intéresse. C'est le portique d'arrivée! Un portique vert avec un chrono dans le haut. L'avenue est recouverte d'autocollants rappellant les sponsors officiels...Je suis face à l'arrivée , enfin! A la fin de ce drôle de voyage! 
Je prends mon élan, j'oublie que j'ai mal, je me calme, je souffle plusieurs fois et m'élance bras en l'air pour les 200 derniers mètres! C'est la libération!!!

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A cet instant précis j'ai l'impression de voler, je sens l'air passer entre mes doigts, je cours avec un sourire de soulagement, je me crois seule alors que nous sommes au moins 50. Le Tapis est vert, mais c'est une voie royale pour mes yeux, les photographes de Maindru sont là pour immortaliser l'instant, les flashs volent comme les confettis que l'on envoit au vainqueur! Je passe sous le chrono, il affiche 5h52 (soit 4h55) et ressens le moelleux du tapis d'arrivée... yeeeeeeaaaaaaaaahhhhhhhhh !!!!!! Je l'ai !!!!!

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J'hurle ! J'ai l'impression d'hurler longtemps... pas si longtemps en fait! Mais je fais tout sortir! Et aussitot ce sont les larmes qui sortent , c'est toute l'émotion controlée pendant la course! Oh la tête!!! 

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Ce sont les larmes que je retenais en regardant les vidéos des arrivées de marathon qui me faisaient rever. Ce sont les larmes d'un entrainement sérieux de 3 mois , seule, sous la pluie, dans le froid, dans le noir, le soir aprés le travail, par tous les temps, et sans aucune excuse ! Ce sont les larmes d'une fille qui pesait trés lourd quand elle a commencé son entrainement début janvier et qui n'a rien laché jusque là , qui à perdu ces foutus kilos qui l'encombraient , qui a fait le ménage dans sa vie et dans ses habitudes quotidiennes ! Ce sont les larmes d'une fille qui flippait de se blesser ! Ce sont les larmes d'une fille qui s'est entièrement remise en question grâce à la course à pied, grâce à un objectif bien défini ! Et non celles d'une fille qui crane parce qu'elle prépare un marathon! Pas celles d'une fille qui se positionne en donneuse de lecon de course à pied sur son blog ! Pas celles d'une fille qui ne regarde que la performance :  ce sont les larmes d'une passionnée qui voit enfin son rêve devenir réalité grâce à un travail de longue haleine, initié il y a plus de 20 ans!!

N'en déplaise aux jaloux: bien dire fait rire, bien faire fait taire! 

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Mot final : Ne Lâchez Jamais, poursuivez, peut importe les obstacles, la plus belle leçon que l'on tire de cette épreuve c'est que qu'avec une volonté de fer on peut accomplir de belles choses! Et pour moi ce n'est que le début d'une série de marathons!

" Si tu veux courir, cours un kilomètre
Si tu veux changer ta vie, cours un marathon"

Emile Zatopek 

La remise de la médaille, un grand moment, je pleure toujours. Je prends aussi le temps de discuter avec les bénévoles qui tiennent les ravitaillements, qui remettent les médailles, le tee shirt finisher : merci à eux , sans eux, pas de belle expérience de vie! 
De même, c'est le moment de remercier encore une fois, tous ceux qui de près ou de loin m'ont soutenue pendant ces longs mois d'entrainements , vous m'avez donné des ailes, et je vous promets de vous les rendre à mon tour <3